Les contes philosophiques de Jean Rigaud

Fleuve

Ni son action au sein du corps social, ni sa culture, n’ont constitué un enracinement pour Pietro. Il semble donc tout désigné pour se laisser emporter par le fleuve en crue. D’autant plus que, à l’encontre des autres héros de Jean Rigaud, la volonté qui dicte l’initiative n’est pas une composante majeure de son comportement. D’un bout à l’autre de son étrange épopée, où le temps élastique et disloqué transforme le visage des choses, il est dirigé, voire manipulé, par ceux qui s’occupent de lui. Il émergera pourtant de son incursion dans le monde polymorphe du fleuve un peu plus en possession de lui-même.

Mais la clé de son aventure n’est pas aussi simple qu’elle lui apparaîtra finalement. D’autres personnages sont amenés à s’intéresser à l’affaire, et chacun en offrira sa propre vision, contribuant à confirmer que le mystère est toujours sous-jacent et que la frontière entre mythe et réalité est bien incertaine.

Postface du Professeur Michel LEROUX